PRESSE : Fiscalité pour les entreprises : l’État doit faire encore mieux

L’industrie française devrait se retrouver à fin 2022 avec une pression fiscale plus forte qu’en 2017, malgré les allègements fiscaux déjà consentis par le gouvernement, a estimé mardi l’organisation France Industrie, toujours vent debout contre les impôts de production notamment.

La pression fiscale du secteur à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron devrait être supérieure de 2 milliards d’euros à celle de 2017, a indiqué Vincent Moulin Wright, Directeur général de France Industrie lors d’un point presse à Paris.

« Les impôts de production et la fiscalité énergétique sont deux fiscalités galopantes qui ne sont largement pas compensées par le geste sur l’impôt sur les sociétés », a affirmé M. Moulin Wright.

L’Etat a déjà prévu de diminuer progressivement l’impôt sur les sociétés de 33% à 25% d’ici la fin du quinquennat, et de transformer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges.

Mais les industriels n’ont pas eu gain de cause jusqu’à présent sur leur revendication de baisser les impôts de production, un paquet de taxes locales diverses pesant 80 milliards d’euros par an pour les entreprises du pays, contre 10 milliards d’euros en Allemagne.

« On a ce boulet au pied », a déclaré Philippe Darmayan, vice-président de France Industrie, jugeant que certains de ces impôts taxant des coûts de production et le chiffre d’affaires représentaient « une anormalité » à « prohiber ».

France Industrie propose ainsi au gouvernement de s’engager sur une « trajectoire » de réduction de 22 milliards d’euros de ces impôts de production d’ici la fin du quinquennat Macron, a souligné Philippe Varin, le président de l’organisation. Lequel a toutefois concédé qu’il était illusoire d’espérer l’inclusion d’une telle mesure dans le projet de loi de finances 2019.

L’organisation plaide aussi pour une harmonisation européenne des prix du carbone, afin que la France cesse de faire « cavalier seul » en la matière, selon M. Darmayan.

La France et l’Allemagne travaillent notamment sur la mise en place d’un prix plancher du carbone commun aux deux pays, mais les négociations sont difficiles, l’Allemagne redoutant d’être davantage pénalisée en raison de son important parc de centrales à charbon.

 

Dépêche AFP reprise par Notre Temps, CBanque