Déclaration d’Alexandre Saubot à propos du MACF
Le 16 février, lors de la présentation du rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan consacré aux défis de la montée en puissance industrielle chinoise pour l’Europe, le Président de France Industrie a répondu à une question du public à propos du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, CBAM en anglais).
Alexandre Saubot : « Pour décarboner la planète, il y a deux solutions : augmenter le coût des solutions carbonées en créant un prix du carbone, ou baisser le coût des solutions décarbonées en les subventionnant le temps qu’elles soient compétitives.
L’Europe, avec l’ETS – demain également avec l’ETS2 – et le CBAM, a créé un prix au carbone il y a 20 ans. Avec le CBAM, l’Europe s’est dit : si le monde ne fait pas comme moi en créant un prix du carbone, je vais m’occuper de faire en sorte que tout ce qui rentre chez moi paye le prix du carbone.
Sur le papier, c’est parfait. A l’exécution, ce n’est pas aussi simple : trop de fuites, trop d’impact sur les prix en interne, trop de contournements. Dans une zone qui a plus de 20 % de son PIB lié aux exportations, renchérir les coûts de fabrication de votre territoire, c’est pénaliser les activités concernées.
On va laisser la Commission travailler. Il y a déjà eu des propositions et des évolutions annoncées en décembre 2025.
Aujourd’hui, on a un vrai sujet qui est l’acceptabilité des conséquences d’un système de ce type quand on est la seule région du monde qui le fait. Je rappelle que plus de 80% du prix du carbone aujourd’hui est payé en Europe.
Dans une économie ouverte, où nous avons en plus un sujet de compétitivité qui a été excellemment souligné par le rapport Draghi, c’est un « machin » qui affecte notre compétitivité. Nous devons absolument avoir un agenda où ces deux piliers – « décarboner » et « produire » – marchent au même rythme, parce que, dans le monde d’aujourd’hui, où les enjeux de souveraineté et de conflits commerciaux sont majeurs, celui qui arrête de produire est rayé de la carte, quelle que soit la vitesse à laquelle il se décarbone. »
France Industrie rappelait la nécessité d’un agenda synchronisé climat-compétitivité dans son communiqué conjoint Afep/Medef/France Industrie du 7 juillet 2025 :
