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[l’Opinion] Interview d’Alexandre Saubot

Le Président de France Industrie a répondu aux questions de Corinne Lhaïk à propos du budget voté et des relations de France Industrie avec les partis politiques.

Extraits

« Il n’y a pas une seule bonne mesure pour les entreprises, pas une. D’accord, on n’a pas touché au crédit d’impôt recherche. […] On a renoncé à faire des économies, on a cédé à la facilité de la dépense et on a demandé aux entreprises de payer la note pour tenir le déficit.

[…]

L’argument consistant à dire que la surtaxe d’impôt sur les sociétés (IS) n’est payée que par 300 entreprises ne trompe personne. D’abord, parce que d’autres entreprises subissent aussi des hausses d’impôts. Comme les fabricants de médicaments et les mutuelles. La cotisation ATMP (accidents du travail maladies professionnelles) va augmenter. La CVAE ne va pas baisser. Quant à la surtaxe IS, dans l’industrie, elle va frapper les têtes de filières, celles qui entraînent d’autres entreprises, cofinancent, soutiennent l’investissement de leurs sous-traitants.

[…]

Nous entretenons le même rapport avec tous les partis démocratiquement représentés à l’Assemblée nationale. Notre travail consiste à les convaincre, pour peu qu’ils souhaitent nous entendre sur nos sujets : le besoin d’une industrie forte et compétitive, quel que soit le vainqueur de la prochaine élection.

[…]

Qui rencontrez-vous plus précisément ?
[…] Nous nous sommes posé la question et nous avons collectivement répondu : « Ce n’est pas nous qui choisissons nos interlocuteurs. » A partir du moment où les candidats peuvent jouer un rôle dans une présidentielle ou sont représentés par un groupe à l’Assemblée nationale, nous leur parlons. Pour expliquer comment protéger et convaincre de renforcer l’industrie française.

Pourquoi les patrons n’osent pas dire qu’ils rencontrent le RN ?
Parce que l’écosystème les attend au tournant. Aujourd’hui, le RN, en quête de crédibilité économique, essaye de faire de ces rencontres un outil de dédiabolisation, avec la complicité de nombreux observateurs qui attendent de nous attraper pour dénoncer de prétendues liaisons dangereuses ou un opportunisme malsain. De ce fait, il ne nous est pas toujours facile d’en parler alors que nous n’avons rien à cacher et surtout que l’arrivée du RN au pouvoir n’est pas à notre agenda. »