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PRESSE : « Avec plus d’usines, on aurait moins de gilets jaunes » selon Philippe Varin

France Industrie,l’organisation de représentation de l’industrie présidée par Philippe Varin, entend prendre toute sa part dans le grand débat national. Objectif : montrer que l’industrie peut constituer une réponse aux problématiques de pouvoir d’achat. Encore faut-il lui créer un environnement favorable et pouvoir compter sur une mobilisation des dirigeants.

« Le grand débat, nous le soutenons.C’est l’occasion de faire de la pédagogie sur les conditions de la réindustrialisation. Parce que s’il y avait plus d’usines sur le territoire, il y aurait moins de gilets jaunes sur les ronds-points », affirme Philippe Varin, le président de France Industrie.

L’industriel, président d’Orano et ex-patron de PSA, estime avoir une certaine expérience en matière de conflits sociaux. « Ce qu’il faut c’est apaiser, restaurer le lien, expliquer. » Pour France Industrie, qui présentait le 22 janvier ses vœux, le débat national – même s’il ne porte pas spécifiquement sur les enjeux industriels – est l’occasion d’affirmer que l’industrie, parce qu’elle peut cibler la croissance mondiale et pas seulement celle de la France, peut générer plus de richesses et répondre au sujet du pouvoir d’achat qui traverse les revendications des gilets jaunes. « Les salaires y sont supérieurs de 12 %à ceux des services. » Les professionnels estiment aussi que le développement des compétences numériques en cours dans le secteur peut répondre à une forme d’angoisse technologique. « Les gens se demandent si leurs enfants auront les compétences pour s’en sortir dans le monde de demain. Nous sommes dans une démarche de digitalisation »affirme Philippe Varin.


Les chefs d’entreprises invités par leurs fédérations à participer

 Concrètement, pour participer au grand débat, les chefs d’entreprises sont invités par leurs fédérations à assister aux réunions qui se déroulent dans leurs territoires et à y intervenir. Philippe Darmayan, président de l’UIMM et vice-président de France Industrie, confie qu’il a créé et anime une sorte de WhatsApp géant auprès de tous ses adhérents. « Je leur dis : allez au contact, soutenez les maires et surtout écoutez. » Les UIMM territoriales, le Medef et les CCI envisagent aussi de créer leurs propres événements.

Au sujet du climat économique du secteur, France Industrie est plutôt positive.Certes, la production manufacturière devrait clore l’année 2018 sur une petite progression de 0,6 % contre 2,9 % en 2017, mais l’organisation se conforte avec de nombreux investissements ou décisions d’investissements d’envergure cette année comme Mercedes à Hambach, Knauf à Illange, Astra Zeneca à Dunkerque.

Un déficit de compétitivité à l’export

Si le moral est meilleur, Philippe Varin ne cache pas que la partie n’est pas gagnée pour autant. « La part des exportations françaises dans les exportations européennes est toujours à la baisse et démontre un déficit de compétitivité » estime le dirigeant.Sur la compétitivité coût, France Industrie estime que l’on n’a pas beaucoup avancé cette année hormis le transfert du CICE en baisses de charges pérennes.Selon les calculs de Rexécode, une fois intégrés le CIR et le CICE, l’écart de prélèvements obligatoires entre les entreprises industrielles allemandes et les entreprises françaises est encore de 18 milliards (dont 13,5 milliards imputables aux seules taxes de production).

Sur la compétitivité hors coût, « la balle est dans le camp des chefs d’entreprises », rappelle Philippe Darmayan. Pour les deux prochaines années, l’Alliance pour l’industrie a pour objectif de réaliser avec les régions plus de 10 000 bilans « industrie du futur » et veut couvrir 80 % des ETI. L’autre grand chantier est celui du recrutement dans un secteur en manque de bras et de cerveaux. « Il faut travailler sur les compétences et surtout sur l’appétence », déclare Philippe Varin.

L’industrie va se lancer dans une grande opération séduction en 2019. Au-delà du French fab tour en cours, l’objectif est que 10 000 sites organisent des portes ouvertes lors de la Semaine de l’industrie qui se tiendra du 18 au 24mars (contre 3 000 l’an dernier). Avec l’espoir de contrer cette entêtante image de l’industrie : des pneus qui brûlent devant des usines qui ferment.

Lire l’article sur le site de l’Usine nouvelle