Salon Global Industrie : des paroles aux actes
Le 31 mars 2026, à l’occasion du salon Global Industrie, Alexandre Saubot, Président de France Industrie, a pris la parole sur la grande scène au cours d’une conférence intitulée « Les mots et les faits » et animée par Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance, également Président du salon.
Cet échange a mis en lumière d’une part les atouts de l’industrie française, qui conserve son dynamisme. Et d’autre part, les défis auxquels elle fait face, liés au contexte mondial (concurrence chinoise, politique commerciale américaine…) et à ses handicaps (des réglementations nationales et européennes plus contraignantes que celles de ses concurrents).
« En fait, en termes d’industrie pure, la France n’a aucune faiblesse. On sait être rigoureux comme les Allemands, agiles comme les Italiens, résilients comme les Anglais ou travailleurs comme les Espagnols. Notre difficulté c’est le cadre, ce qu’on a mis autour de cette force vitale et de cette capacité à faire, qui a oublié que, dans un monde ouvert où il y a des chocs, ce qui se passe ailleurs n’est pas anodin. »
Pour appuyer son propos, Alexandre Saubot a cité une étude de l’institut Rexecode, qui montre que « si on appliquait à la France la fiscalité et les charges allemandes, les entreprises françaises, au lieu de payer 340 milliards d’euros d’impôts et de charges en 2024, auraient à payer 220 milliards. C’est 120 milliards d’écart. Et si on réduit ce périmètre à l’industrie, c’est 20 milliards ».
« Les gens me disent toujours : « de toute façon à France Industrie vous avez un seul agenda, vous voulez moins d’impôts ». La réponse c’est non : je veux les mêmes que les autres. »
Pour rebondir, Nicolas Dufourcq a comparé la voix des industriels au barde Assurancetourix, qui se fait bâillonner.
Le Président de France Industrie a alors répondu : « il y a quand même une différence entre toi et moi, et Assurancetourix, c’est que lui il chante faux, alors que nous nous disons la vérité. »
Le Directeur général de Bpifrance a poursuivi en affirmant que : « une augmentation d’impôts, c’est autant de machines en moins. L’argent est limité : soit vous payez des impôts, soit vous achetez des machines. »
Pour conclure l’échange, Alexandre Saubot et Nicolas Dufourcq ont exprimé deux souhaits :
- le premier, que les patrons de PME prennent davantage de place dans le débat public pour tenir un discours adéquat sur l’industrie française,
- le second, l’ajustement des contraintes européennes, pour une bataille à armes égales avec nos concurrents internationaux, et en premier lieu la Chine.
